Étude de cas

Étude de cas — Léandre : une chambre adaptée, des commandes hors de portée

Une porte motorisée, des volets électriques, une salle d'eau aménagée : chez Léandre, 24 ans, le logement avait été pensé pour lui. Tout, sauf les commandes. Le parcours d'un projet JIB HOME mené avec son ergothérapeute, et ce qu'il a changé pour ses parents.

Thomas Groell
23 September 2026
•
6 min de lecture
Résident déclenchant l'appel soignant à la voix avec JIB Residence

Une porte motorisée, des volets électriques, une salle d'eau aménagée : chez Léandre, le logement avait été pensé pour lui. Tout, sauf les commandes. Retour sur un projet mené avec son ergothérapeute et financé dans le cadre d'un dossier MDPH.

Saint-Herblain (Loire-Atlantique) · Installation en août 2025 — Solution JIB HOME — contrôle d'environnement à domicile

Une extension aménagée, des commandes hors de portée

Léandre a 24 ans. Il vit chez ses parents, en périphérie de Nantes, dans une extension construite pour lui : une chambre, une salle d'eau, une porte motorisée. Il se déplace en fauteuil roulant manuel à l'intérieur, en fauteuil électrique à l'extérieur, et son élocution varie selon la fatigue.

Sur le papier, le logement était adapté. Dans les faits, chaque équipement se commandait par un interrupteur mural ou un bouton poussoir placés hors de sa portée. La porte était motorisée, mais il ne pouvait pas la déclencher. Les volets, les lumières, la télévision : même situation.

« Je demandais à mes parents ce que je faisais, en fait, parce que je ne pouvais pas le faire. »

Ce qui était bloquant au quotidien

Le besoin, formalisé avec l'ergothérapeute, tenait en quelques gestes simples : ouvrir et fermer les volets de sa chambre, allumer les lumières de la chambre, de la salle d'eau et une lampe du salon, piloter la télévision, et commander la porte déjà motorisée.

Un point revient souvent dans ce type de situation et pèse plus qu'on ne le croit : quand un appareil s'arrête, il n'y a aucun moyen de le relancer seul. Il faut attendre que quelqu'un passe.

« Avant, il y avait un truc qui coupait, je ne pouvais plus le remettre. Alors que là, je peux le remettre. C'est déjà agréable. »

Un dossier ouvert en 2021, relancé en 2024

Le premier échange avec JIB remonte à avril 2021. Une visite technique est menée au domicile en mai 2022 et un premier devis est établi, puis le projet s'interrompt : période Covid, changement d'établissement, priorités familiales ailleurs. Le dossier est clos en avril 2023.

Il repart en janvier 2024, à l'initiative de l'ergothérapeute qui accompagne Léandre en accueil de jour. Elle reprend les devis de 2022, réinterroge les besoins avec lui et ses parents, et pose d'emblée la bonne question : est-ce que le mode de commande envisagé tient la route au regard de ses capacités ? Un projet de domotique ne se rejoue pas trois ans plus tard à l'identique : les capacités évoluent, le matériel aussi, et c'est le professionnel qui suit la personne au quotidien qui est le mieux placé pour le dire.

La vraie question du projet : par quel geste commander ?

Léandre utilise le système de deux manières, et c'est délibéré.

La commande vocale, via Voice Access sur son téléphone Android. Ses troubles de l'élocution varient avec la fatigue et certains mots passent mal : les noms des objets connectés ont donc été renommés pour retenir des mots qu'il prononce sans effort, plutôt que les libellés par défaut. C'est un réglage de cinq minutes qui décide souvent de l'usage réel d'une installation.

Le contacteur, en second mode d'accès, avec un bras de support qui maintient le téléphone à bonne hauteur. Ce point a demandé du travail : Léandre utilise trois assises différentes selon le moment de la journée, et un support ne vaut que s'il suit la personne.

Ne pas dépendre d'un seul mode d'accès est ce qui rend l'installation utilisable les jours de fatigue comme les autres.

Le montage du financement

Une demande est déposée à la MDPH en mai 2024, au titre de la PCH aide technique et de l'aide à l'aménagement du logement. Les notifications arrivent en juin 2025, le devis est signé dans la foulée. Treize mois d'instruction : c'est une réalité qu'il vaut mieux anticiper que découvrir. Les aides mobilisables couvrent la majeure partie d'un projet de ce type, à condition d'ouvrir le dossier tôt.

L'installation

L'installation est réalisée en août 2025. Elle s'appuie sur l'existant plutôt que de le remplacer : un relais connecté est greffé sur la motorisation de porte déjà en place, des micromodules rendent les lumières commandables sans refaire le câblage, un boîtier infrarouge prend en charge la télévision, et des interrupteurs connectés pilotent les volets roulants. Les commandes murales d'origine restent fonctionnelles pour l'entourage.

Un second passage a eu lieu en mars 2026, lorsque la famille a fait remplacer ses volets roulants : les interrupteurs connectés ont été reposés au moment du changement, plutôt que d'être installés deux fois.

Ce que ça change pour Léandre

« JIB HOME, ça m'aide pour ouvrir les volets, pour allumer la télé, pour allumer les lumières. Ce que je ne pouvais pas faire avant. C'est un plus d'autonomie. »

Son père résume la même chose par deux situations ordinaires : la télé coupe, il peut la remettre ; il fait du soleil, il peut baisser son volet. Rien de spectaculaire, sauf qu'aucun des deux n'était possible avant.

Ce que ça change pour ses parents

C'est sans doute la partie la plus parlante de ce témoignage. Avant l'installation, toute absence se négociait.

« Avant, il fallait trouver une tierce personne qui puisse venir voir si Léandre avait un souci, ou alors on ne s'autorisait pas à partir. »

Les deux parents calaient leurs horaires de travail pour que Léandre ne reste jamais seul plus d'une demi-heure, entre celui qui partait et celui qui rentrait. Une organisation de tous les jours, invisible de l'extérieur, et épuisante.

« Le fait que les gens aient plus d'autonomie, ça nous permet d'avoir plus de temps à nous, de pouvoir le laisser seul un peu dans la maison. C'est vraiment un bienfait pour tout le monde. On peut aller faire les courses, on s'autorise à partir deux ou trois heures. »

Et puis il y a ce moment que son père raconte presque en passant.

« On a même réussi à aller à un concert il y a quelques mois. Ça s'est super bien passé, parce que Léandre avait son téléphone. S'il y avait quelque chose, je pouvais l'appeler. »

Une sortie à deux, un soir. Pour un couple d'aidants familiaux, ce n'est pas une anecdote : c'est une part de vie commune qui redevient possible. Et Léandre, ce soir-là, s'est débrouillé par lui-même.

Ce que ce parcours illustre

L'autonomie de la personne, c'est aussi le répit de ses aidants. Un projet d'adaptation du logement se justifie presque toujours par les gestes rendus possibles. Il faudrait le justifier tout autant par les heures rendues aux proches, et par ce qu'elles permettent de reprendre : un emploi, une sortie, une vie de couple.

Un logement adapté n'est pas un logement accessible. Une porte motorisée commandée par un bouton hors de portée ne sert pas la personne pour qui elle a été installée. La question de la commande doit être posée en même temps que celle de l'équipement, pas après.

Le mode d'accès prime sur le matériel. Choisir entre la voix et le contacteur, prévoir un second mode, adapter le vocabulaire : c'est ce travail-là qui détermine si l'installation sera utilisée tous les jours ou abandonnée.

Un dossier arrêté n'est pas un dossier perdu. Trois ans après le premier devis, c'est un professionnel qui a relancé le projet, réévalué les besoins et porté le dossier de financement jusqu'au bout.

Le témoignage de Léandre en vidéo

Léandre et son père reviennent sur ce que l'installation a changé chez eux.

Témoignage de Léandre et de son père, équipés avec JIB HOME près de Nantes.

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