Étude de cas

Étude de cas — Hugo : un logement déjà équipé, un boîtier qu'il ne pouvait plus actionner

Hugo, 26 ans, vit seul depuis trois ans près de Nantes. Portes, baie vitrée et volets étaient motorisés, mais le boîtier de commande demandait une force qu'il n'a pas. Récit d'une adaptation menée avec son ergothérapeute de SAMSAH.

Thomas Groell
06 October 2026
•
6 min de lecture
Résident déclenchant l'appel soignant à la voix avec JIB Residence

Portes, baie vitrée, volets : chez Hugo, tout était déjà motorisé. Le problème n'était pas l'équipement, c'était le boîtier qui le commandait. Récit d'une adaptation menée avec son ergothérapeute de SAMSAH.

Saint-Herblain (Loire-Atlantique) · Installation en avril 2026 — Solution JIB HOME — adaptation d'une installation existante

Vivre seul, sans pouvoir tout commander

Hugo a 26 ans. Il vit depuis trois ans dans son propre appartement, au sein d'un habitat inclusif : un immeuble où d'autres personnes accompagnées logent, avec une permanence sur place. Il est suivi par une ergothérapeute du SAMSAH de son secteur.

Son logement avait été équipé avant l'arrivée de JIB : porte d'entrée, baie vitrée et volets motorisés, commandes infrarouge dans chaque pièce. Sur le papier, un appartement adapté. Dans l'usage, une installation qu'il ne maîtrisait qu'à moitié.

« J'avais un boîtier avant, où il y avait des chiffres. Le problème, c'est que des fois il fallait appuyer fort. Et moi, malheureusement, je n'ai pas énormément de force. »

Le vrai sujet n'était pas la domotique, c'était la commande

Trois limites se cumulaient. Le boîtier demandait une pression que Hugo ne pouvait pas toujours produire. Il ne répondait pas de manière fiable. Et chaque commande était locale : pour allumer la lumière d'une pièce, il fallait déjà être dans cette pièce.

« C'était un peu galère. Et en plus, ça ne marchait pas tout le temps. C'était vraiment très limité. »

C'est une situation que nous rencontrons régulièrement : un logement équipé par une entreprise compétente en motorisation, mais pas en handicap. Les moteurs sont bons, la commande ne l'est pas. Et comme l'équipement existe déjà, personne ne revient dessus.

Ce que la visite technique a montré

La visite au domicile, en fin d'année 2024, a permis de trancher sur un point structurant. Les portes, la baie vitrée et les volets pouvaient être repris depuis un boîtier infrarouge connecté, piloté par l'application. Les éclairages, non : leur commande était strictement locale, il aurait fallu un boîtier par pièce. La solution retenue a été de passer les points lumineux sur des relais connectés.

Deux boîtiers infrarouges ont finalement été posés, un au salon et un dans la chambre, plus des relais pour les éclairages et des prises connectées. Rien n'a été déposé : l'installation existante a été conservée et rendue pilotable.

Ce que Hugo commande aujourd'hui

Depuis l'installation d'avril 2026, il pilote depuis son téléphone et à la voix : ses volets, ses éclairages, sa télévision, sa porte d'entrée et sa baie vitrée.

« Maintenant, je peux gérer tout ce qui est mes volets, m'allumer la télé, les lumières. Des choses que je ne pouvais pas faire avant. »

Il utilise les deux modes en parallèle, l'application et la commande vocale, et c'est délibéré.

La nuit, la voix devient autre chose qu'un confort

C'est le passage le plus marquant de son témoignage, et il ne concerne pas la domotique au sens strict.

« Le vocal, c'est très important pour moi. Ça m'arrive des fois la nuit, j'ai mon bras qui est coincé. »
« Ce qui est bien avec mon téléphone, je peux dire : appeler la permanence. Du coup, ça me permet de ne pas être coincé en train de crier “à l'aide, j'ai besoin d'aide”. Ça me rassure énormément. »

Le téléphone n'est pas seulement devenu la télécommande de son logement. Il est redevenu utilisable dans une position où Hugo ne peut rien attraper. C'est un bénéfice que personne n'avait mis au cahier des charges, et c'est celui qu'il cite en premier.

Le financement, et le temps que cela prend

La demande initiale date de février 2024. Le dossier est monté avec le SAMSAH auprès de la MDPH, qui accorde une aide. Les compléments sollicités ensuite, auprès d'un fonds de compensation puis d'une mutuelle, n'aboutissent pas. La commande est passée en février 2026, l'installation réalisée en avril.

Deux ans entre la première demande et la pose, sur un projet d'adaptation d'ampleur modérée. C'est un ordre de grandeur qu'il vaut mieux connaître avant de s'engager, et une raison d'ouvrir le dossier tôt. Les aides mobilisables couvrent la majeure partie d'un projet de ce type, mais les compléments, eux, ne sont jamais acquis.

Ce qui reste à faire : les parties communes

Un besoin n'est pas encore couvert. Hugo souhaite commander, depuis la même application, la porte de son immeuble et l'ascenseur. Techniquement, l'adaptation est légère. Elle ne dépend pas de lui : les parties communes relèvent du bailleur, et la démarche est en cours.

C'est une limite structurelle du maintien à domicile en logement collectif. Un appartement peut être parfaitement accessible et s'arrêter à sa porte. Sortir de chez soi reste alors conditionné à une décision qui appartient à un tiers.

Ce que ce parcours illustre

Une installation déjà en place peut être reprise. Il n'est pas toujours nécessaire de tout refaire : dans le cas de Hugo, les motorisations ont été conservées et seule la commande a été changée. Un logement déjà équipé mais inutilisable n'est pas un dossier clos.

La force nécessaire à une commande est un critère d'accessibilité. Un bouton trop dur, c'est un équipement inaccessible, même s'il est installé dans la bonne pièce et à la bonne hauteur. La question se pose au moment du choix du matériel, pas après.

Le bénéfice le plus fort n'est pas toujours celui qu'on a chiffré. Le cahier des charges portait sur des volets, des lumières et une télévision. Ce que Hugo retient, c'est de pouvoir appeler à l'aide sans crier.

Le témoignage de Hugo en vidéo

Hugo, équipé avec JIB HOME dans son appartement près de Nantes.

« Des fois, un petit geste, ça peut être un gros geste. »

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