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Calibrage oculaire difficile : strabisme, nystagmus, lunettes — ce qui fonctionne vraiment

Strabisme, nystagmus, lunettes, mouvements involontaires : quand la captation oculaire semble compromise, voici les réglages et gestes qui font souvent la différence.

Thomas Groell
02 September 2026
8 min
Résident déclenchant l'appel soignant à la voix avec JIB Residence

Un calibrage à 40 %, un score qui refuse de dépasser 60, un patient qui « ne fixe pas assez bien » : c'est souvent à ce moment-là qu'on entend la conclusion « la commande oculaire n'est pas pour lui ». Dans une bonne partie des cas, cette conclusion est prématurée. Un calibrage qui échoue a presque toujours une cause identifiable — strabisme, nystagmus, lunettes, installation, fatigue — et une réponse technique qui va avec.

Voici les situations qui reviennent le plus souvent sur le terrain, et ce qui fonctionne concrètement pour chacune.

JIB Eyes Premium, tablette de communication oculaire
JIB Eyes Premium, notre tablette de communication oculaire

1. Strabisme ou déviation oculaire : ne suivre que l'œil qui pointe juste

Un calibrage classique part du principe que les deux yeux regardent le même point. Chez une personne avec un strabisme marqué, ce n'est pas le cas : l'axe visuel d'un œil s'écarte de l'autre, et le logiciel, qui tente de faire la moyenne des deux, produit un point de regard imprécis ou instable.

La réponse ne consiste pas à forcer un calibrage binoculaire qui ne marchera jamais bien, mais à basculer sur un suivi mono-oculaire : on calibre uniquement sur l'œil directeur, ou sur celui dont le contrôle est le plus fiable, et le logiciel ignore l'autre. C'est un réglage que nos ergothérapeutes activent régulièrement en essai, y compris sur des profils où un calibrage à deux yeux avait été jugé impossible par ailleurs.

2. Nystagmus et mouvements involontaires : lisser plutôt que réagir à chaque sursaut

Le nystagmus (mouvement rythmique et involontaire de l'œil) pose un problème différent : le point de regard « saute » en permanence, même quand la personne fixe correctement une cible. Un système qui réagit à chaque micro-mouvement devient vite inutilisable — trop de faux déplacements, trop de frustration.

Deux réglages atténuent nettement l'effet : élargir la zone de tolérance autour du point à fixer, au lieu d'exiger une précision au pixel, et allonger légèrement le temps de fixation nécessaire pour valider une cible, pour que le système intègre le mouvement plutôt que de le suivre au premier sursaut. C'est précisément pour ce type de profil — mouvements involontaires et spasmes compris — que la caméra Tobii de JIB Eyes Premium a été retenue : elle est construite pour absorber ces variations, contrairement à des caméras d'entrée de gamme qui demandent un regard beaucoup plus stable pour fonctionner correctement.

Caméra oculaire Tobii intégrée à JIB Eyes Premium pour la poursuite du regard
Caméra Tobii de JIB Eyes Premium, conçue pour absorber les captations difficiles

3. Lunettes : une variable à ajuster, pas un obstacle

C'est le facteur qui revient le plus souvent dans nos comptes-rendus d'essai, tous produits confondus. Les lunettes ne rendent pas le suivi oculaire impossible, mais elles ajoutent des paramètres : reflet du verre selon l'éclairage ambiant, légère déformation optique, distance focale modifiée.

Avant de conclure à un échec, deux points à vérifier systématiquement :

  • La position des sources de lumière : une fenêtre ou un spot situé derrière l'écran, dans l'axe du regard, crée un reflet direct sur le verre qui perturbe la caméra. Repositionner l'utilisateur, l'écran ou fermer un rideau change souvent tout.
  • L'angle et la hauteur de la caméra par rapport au visage : un axe caméra légèrement décalé par rapport à la ligne de regard naturelle limite le reflet et améliore la lecture à travers le verre.

4. L'installation compte plus qu'on ne le pense

Sur le terrain, un écart de quelques centimètres entre deux tentatives suffit parfois à faire basculer un calibrage de correct à inexploitable — en particulier chez les personnes ayant une mobilité cervicale très réduite, pour qui la tablette doit être positionnée dans le prolongement naturel de la tête plutôt que face à elles par défaut.

Trois réflexes limitent ce risque :

  • Un bras de support stable et réglé, jamais une tablette tenue à la main pendant le calibrage.
  • Une orientation adaptée à la posture réelle de la personne (inclinaison, décalage latéral si la tête est tournée d'un côté), pas à une position standard.
  • Un calibrage réalisé en début de séance, la fatigue dégradant nettement la précision au fil du temps — un profil qui obtient un bon score en première partie d'essai peut décrocher après vingt minutes, sans que cela remette en cause sa capacité à utiliser la commande oculaire au quotidien avec des séances plus courtes.

C'est exactement ce que confirment nos propres tests utilisateurs menés avec l'APF Tech Lab à la MAS Clothilde Lamborot : la phase de calibration et le choix du mode d'accès s'y sont révélés décisifs, la fatigue visuelle en tête des facteurs à anticiper.

5. Ne pas recalibrer à chaque utilisation

Pour un usage quotidien — à domicile comme en établissement —, le vrai frein n'est pas toujours le calibrage initial mais sa répétition. Beaucoup d'utilisateurs, notamment les enfants, se démotivent avant même de commencer parce qu'il faut « repasser par la case calibrage » à chaque allumage.

Sur JIB Eyes Premium, le calibrage est conservé en mémoire par le dispositif : on pose l'outil devant la personne et il est directement utilisable, sans repasser par l'étape de calibrage à chaque fois. Pour un enfant ou un résident en établissement qui utilise l'outil plusieurs fois par jour, cette différence pèse autant que la précision du calibrage lui-même.

Le calibrage matériel n'est d'ailleurs que la première étape. Une fois l'œil capté correctement, c'est la couche logicielle qui détermine si l'expérience reste fluide au quotidien : avec GoControl, puis avec GoChat — notre propre logiciel de CAA, déjà piloté par commande oculaire et testé en conditions réelles avec des utilisateurs — l'éventail de réglages disponibles (sensibilité, temps de fixation, retour visuel, taille et disposition des éléments à l'écran) est large. C'est cet ensemble, calibrage matériel et réglages logiciels combinés, qui fait la différence entre un dispositif « qui capte le regard » et un outil réellement utilisable au quotidien.

6. Et quand, malgré tout, ça ne suffit pas

Il faut le dire clairement : certains profils ne se prêtent pas à la commande oculaire, même après ajustements — contrôle oculomoteur trop limité, certains déficits neuro-visuels associés, fatigabilité incompatible avec un usage régulier. Dans ce cas, la bonne réponse n'est pas d'insister sur l'oculaire mais de basculer vers un autre mode d'accès : contacteur, commande vocale, tactile adapté. C'est tout l'intérêt d'une approche multi-accès plutôt que d'un pari unique sur une seule technologie.

Pour aller plus loin sur ces cas limites, notre webinar « L'expérience terrain d'une orthoptiste avec JIB EYES », disponible sur notre page webinars, revient en vidéo, avec une orthoptiste, sur ces situations de calibrage difficile et sur la façon de trancher entre persévérer et changer de mode d'accès.

En pratique

Avant de conclure qu'un calibrage a échoué, la checklist tient en quatre points : vérifier si un mode mono-oculaire s'applique, élargir la tolérance et le temps de fixation en cas de mouvements involontaires, retravailler l'éclairage et l'angle caméra en cas de lunettes, et refaire un essai en tout début de séance avec une installation stable. Un essai qui semble décevant à un instant T ne dit pas toujours qu'une personne n'est pas éligible à la commande oculaire — souvent, il dit surtout qu'un réglage n'a pas encore été trouvé.

Nos ergothérapeutes réalisent des essais gratuits sur site, à domicile comme en établissement, précisément pour tester ces réglages en conditions réelles avant de trancher. Si vous accompagnez un patient dont le calibrage pose question, contactez-nous : nous pouvons cadrer un essai autour de sa situation précise.

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Thomas Groell
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